Les Jours Heureux : la naissance d’un « think tank » citoyen ?

Faire advenir des Jours heureux. Un programme simple, porteur d’espoir, une bouffée d’oxygène dans ce monde anxiogène.

Nous avons fait la connaissance du collectif Les Jours Heureux en septembre dernier, pour leur grande marche reliant les Pyrénées à Paris, durant laquelle les membres ont fait connaître leur travail de réactualisation du programme du Conseil National de la Résistance. Un livre a été publié, réunissant 100 auteurs pour 120 actions afin de résister, créer, et mettre au défi les hommes politiques.

Le collectif veut aller encore plus loin. En réunissant dans la Bergerie de Villarceaux (Vexin) une cinquantaine d’organisations et associations les 13 et 14 février derniers, il a voulu produire un fond politique commun afin d’interpeller les candidats aux élections présidentielles et législatives. Des mesures « basculantes » qui pourraient exercer un effet de levier sur la vie sociale et politique une fois mises en œuvre.

Rassembler les collectifs pour peser dans le débat politique

Pendant deux jours, il a été question de se rassembler, de structurer, coordonner et coopérer. Le thème du séminaire était d’ailleurs éloquent : « coopérons au printemps 2017 et au XXIe siècle ». Car au-delà de l’élaboration de mesures « basculantes », pas toujours faciles à inventer lorsqu’on n’est pas un spécialiste du sujet, Villarceaux a permis aux participants de tisser des liens, de mieux connaître les combats et actions des uns et des autres. Bref, de faire de la « reliance », comme aiment répéter les membres des Jours Heureux. Bien sûr, certains participants ont déploré l’absence de grandes organisations, comme Greenpeace qui préfère « agir plutôt que de discuter ». D’autres ont regretté le manque de débats sur certaines thématiques, comme la violence policière ou les banlieues. Mais malgré tout, les participants ont plus qu’apprécié les débats et les rencontres.

Le nombre et la diversité des acteurs présents laisse augurer la naissance d’un nouveau think tank citoyen, même si ce terme anglo-saxon ne plaît pas à tous. Et pourtant, le travail réalisé pendant ces deux jours – réflexion sur la politique, la société, l’engagement militant – correspond parfaitement à la définition d’un think tank : un laboratoire d’idées, un groupe de réflexion.

Les propositions des Jours Heureux

D’autant que ces deux jours n’ont pas vocation à être un « one shot » : les participants réfléchissent déjà au long terme, aux façons d’agir et de peser ensemble dans le débat politique. Beaucoup espèrent se revoir dans quelques mois, peut-être après les élections présidentielles, afin de tirer les retours de cette expérience et préparer les législatives.

Car aujourd’hui, face à l’urgence sociale, environnementale, politique, économique, il est impératif d’agir. La disparité et les querelles de clocher devraient s’effacer pour laisser place à l’union face à un péril commun.

Claude Alphandéry, ancien résistant et militant engagé l’a d’ailleurs souligné dans une allocution particulièrement émouvante pour la clôture du séminaire. « J’ai déjà vécu ce moment où la dissociation se transformait en union. Il a fallu attendre l’hiver 1943 pour que tous les mouvements de résistances se réunissent, alors qu’ils étaient autrefois fragmentés. Mais les citoyens sont aujourd’hui en train de comprendre que l’union de leurs forces permettra le changement. Je crois que le « maquis » de Villarceaux peut préparer des Jours Heureux. »

L-A

Pour retrouver toutes les mesures basculantes prises par les participants au séminaire de Villarceaux, rendez-vous ici. Toute l’équipe de Gazette Debout soutient l’ensemble du processus, ainsi que les participants à l’Assemblée de Coordination de Nuit Debout Paris République.

Retrouvez tous nos articles sur Les Jours Heureux ici.


2 réactions sur cet article

  • 28 février 2017 at 19 h 47 min
    Permalink

    Bonsoir les debout, les résistant-es-s de toujours.. Les jours heureux ça ne vient pas tout seuls, sur les ailes du hasard.. Il faut en semer les graines, et souvent sur le métier remettre l’ouvrage, travailler le terrain, et en amont et en aval; de plus c’est comme le « démos » et le « cratos », il faut pédaler, et encore pédaler.. Sinon, on se casse la bobine.. À bonnes entendeuses et bons entendeurs, salutations; le printemps arrivant, il est temps de s’y mettre.. Bons vents à vous autres.. « Et cependant, Elle tourne.. »

    Reply
  • Pingback: Osons des Jours Heureux - Gazette Debout

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *