Témoignages : Ro, citoyen pacifiste mais profondément exténué

TRIBUNE – Suite aux débordements qui ont émaillé la manifestation intersyndicale et interprofessionnelle du 28 avril, le Premier ministre a condamné « avec force les violences d’une minorité d’irresponsables ».

Voilà une bien belle maxime… que ce gouvernement serait bien inspiré de s’appliquer à lui-même. Entre le 9 mars et le 28 avril, ce sont 430 000 personnes en tout qui ont battu le pavé à Paris pour demander l’abrogation du projet de loi El-Khomri. A Paris, le mouvement Nuit Debout entame son 60e jour d’action pour mettre en évidence de nécessaires alternatives à cette situation politique et sociale bloquée. Et il se répand dans toute la France.

Au lieu de cela, ce gouvernement qui se dit socialiste préfère discuter du contenu du projet de loi et du nouvel ordre social avec son collaborateur Pierre Gattaz et sa « vision de tous les possibles » vendue à… 25 exemplaires (200 exemplaires d’après son éditeur, ne soyons pas médisants).

D’où mon droit de réponse à Manuel Valls : Où est la véritable violence ? Quelle est réellement la minorité d’irresponsables ? Ne serait-ce pas plutôt une clique de politiciens qui s’évertuent à appliquer depuis bien trop longtemps une série de mesures libérales pour lesquelles ils n’ont pas été élus ?  Au nom de la sacro-sainte quête de la « croissance économique » et du moins-disant social ?

Manif 28 avril

La seule réponse qu’ils sont à même de donner à la population et ses revendications, c’est un État policier et des volées de lacrymos à République, Nation, Nantes ou Rennes. De la moutarde pour tout le monde, chouette !

Tant que le Premier ministre et son gouvernement préféreront se rendre au chevet des CRS blessés et du patronat et non auprès de leurs concitoyens, il n’y a pas lieu de s’arrêter. Déni des revendications, déni de la représentation syndicale, déni de la rue. À la violence sociale exercée par le pouvoir, la rue répond… Résistance et solidarité !

Et ne cédons pas aux sirènes des médias traditionnels, qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour instaurer des luttes clandestines au sein même de nos mouvements de contestation.

Car il est temps que ça change. Continuons la lutte !

Ro. 

Crédits photos:

  • Manif 28 avril « Faites-nous confiance »: Nuit Debout / DR
  • Nos rêves ne rentrent pas dans vos urnes: Nuit Debout

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