Rassemblement contre la corruption des élus

Dimanche 19 février, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans toute la France pour lutter contre la corruption des élus. Cet événement a été lancé par un simple citoyen via Facebook. Avec plus de 11 000 inscrits à Paris, la place de la République était noire de monde (deux à trois mille personnes dit-on), comme à la belle époque de Nuit Debout. En qualité de co-déclarants et d’organisateurs de l’Assemblée de 16h, Nuit Debout était présent sur la place dès 13h, tout comme la commission Debout Éducation Populaire. Retour sur un dimanche de contestation pacifique, qui préfigure un beau printemps de mobilisation.

Manifestation contre la corruption à Rennes le 19 février 2017.

Pourquoi ce rassemblement ?

Vincent présente sa démarche, explique ce qui l’a poussé à appeler à ce rassemblement. Il s’agit évidemment de l’affaire dans laquelle François Fillon est empêtré. Bien qu’attristé par la désinvolture du candidat de la droite, qui « se cache derrière la légalité de ses actes pour échapper au vrai problème : la légitimité de ses actes en tant que représentant élu », il affirme qu’il n’est pas question ici de parler du « problème de ce pauvre homme qui n’a jamais sans doute su quelles étaient les limites de l’indécence ». Il rappelle au passage que, sociologiquement, nous sommes tous définis par notre condition. Selon lui, le problème qui doit être traité aujourd’hui est celui de la représentation politique en général et du contrôle des élus, « que nous n’exerçons pas assez ». Le défaut de notre système de représentation politique repose sur la liberté légalisée, chez les élus, de pervertir les intérêts publics pour les transformer en intérêts privés. Les citoyens ne sont ni entendus, ni respectés. La rupture créée entre les élus et les citoyens produit un espace propice à l’extrême-droite, qui ne cherche qu’à accéder au pouvoir pour profiter de ce même système. Vincent dénonce fermement les manœuvres du FN et ses idées politiques (racisme, exclusion). Sous les applaudissements, il appelle à une politique solidaire où les richesses soient mieux distribuées et l’exil fiscal impossible, ainsi qu’à une politique humaniste « où l’autre est d’abord envisagé comme un soutien avant d’être perçu comme un ennemi ». Il souhaite un contrôle des élus pour qu’il soit impossible qu’ils « fassent autre chose que ce pourquoi ils sont investis ».
Il annonce le début de l’Assemblée Générale et invite les participants à discuter de trois grandes questions :

  •  Les revendications : « Qu’est-ce qu’on veut, et pourquoi on le veut ? ». Synthétiser, afin d’avoir des exigences simples, claires, fortes, autour desquelles un maximum de personnes peuvent se réunir pour peser et gagner.
  • Comment faire pour amplifier le mouvement ? Il propose le principe de la « meute » : la majorité soumet la minorité par le nombre et non par la violence. Il parle alors de celle-ci, qui n’apporte que la dispersion, l’affaiblissement du collectif, le traumatisme ou la vengeance, et rend donc impossible toute autre solidarité future que la solidarité de clans. Il faut une déferlante pacifique énorme. Il faut dès à présent amplifier la mobilisation par l’organisation et l’entretien permanent de cette « niaque » qui, à l’instar de l’indignation, constitue une force majeure.
  • Former un comité de mobilisation : une équipe de personnes qui souhaiteraient créer et gérer la suite du mouvement. Par exemple : une page internet avec un agenda, les comptes-rendus d’action, de discussion. Gérer les dépôts de déclaration pour les AG et leur ordre du jour, les relations avec la presse. Il propose également que ce comité puisse « tourner » chaque semaine. Il remercie l’assemblée et Nuit Debout Paris République qui a fourni la logistique et la déclaration en préfecture, et qui a proposé d’organiser cette assemblée.

Applaudissements, bruits de casseroles, « Merci Vincent ! Merci Nuit Debout ! »

Manifestation contre la corruption sur la place de la République le 19 février.

L’Assemblée générale « Libérez Penelope ! »

La modératrice demande aux personnes présentes de s’asseoir et de former des couloirs. Elle présente les preneurs de parole, situés en bout de chaque couloir. Elle rappelle les règles de l’assemblée : pas de réponses directes (trop de monde) ; pas de sérénité/service d’ordre : on est tous capables de « veiller les uns sur les autres » ; la bienveillance doit être le maître mot de cette assemblée ; pas de discrimination dans les propos, pas de violence verbale ou physique.
La première personne à intervenir est une femme. Elle lance un manifeste, « un appel à la raison en vue de faire reconnaître nos véritables droits dans l’égalité et la légalité ». Elle rappelle la concentration des grands groupes de presse et des médias, tous fortement liés au pouvoir politique. Elle parle de la démocratie athénienne, de la Révolution française. Elle cite l’homme politique Emmanuel-Joseph Sieyès : « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. » Elle rappelle que les dirigeants politiques sont issus de quelques grandes écoles. 15% des plus aisés de la population française représentent 90% des élus au parlement. Face à cette situation, elle propose la reconnaissance du vote blanc.
L’intervenant suivant remercie le président Hollande, dont l’absence garantit le beau temps ce dimanche… Il remercie également François Fillon, car c’est grâce à lui que ce rassemblement a pu avoir lieu, et rappelle : « Ce que ce dernier juge légal, nous le jugeons illégal ». Il donne quelques chiffres : 920 parlementaires, 20 000 euros par mois. Entre 2012 et 2016,  1 225 décisions de l’assemblée nationale ont été votées par 65% des élus seulement. Il demande à ce que le nombre des députés soit divisé par trois, que leur salaire soit revu à la baisse et que ceux qui veulent plus d’argent touchent des primes d’assiduité. Un autre intervenant explique qu’hommes et femmes politiques ne sont que le « petit personnel » des grandes fortunes de France, les actionnaires du CAC40, et propose d’exproprier la bourgeoisie et d’abolir les rapports d’exploitation. Il présente la Plateforme2016, constituée au sein de Nuit Debout, et suggère le plafonnement des revenus : quatre fois le revenu minimum, qui doit être de 1 500 euros. Il demande ensuite un positionnement de l’Assemblée sur ce plafonnement des revenus à 5 000 euros par mois et réclame l’instauration immédiate de la démocratie dans les entreprises.
L’orateur suivant appelle chacun.e à regarder son/sa voisin.e, admirer sa beauté et lui offrir son amour. Car, selon lui, « c’est l’amour qui va nous porter au-delà de la puanteur actuelle ». Il remercie aussi François Fillon d’avoir porté au grand jour les mœurs du monde politique, de ceux qu’il appelle « le personnel de direction des institutions de la République, qui ne sont jamais que nos serviteurs ». Il appelle à prononcer leur licenciement collectif (applaudissements/casseroles). La corruption n’est pas seulement celle des élus, on la retrouve aussi dans les ministères (santé, justice). Il fustige la loi du silence, qui profite à la mafia des hauts placés de la fonction publique. « L’Assemblée nationale n’est plus ni crédible ni légitime ; à nous de nous donner les moyens de reprendre le pouvoir via des volontaires tirés au sort parmi des représentants de la population ». Une représentante du Comité des Assistantes parlementaires en souffrance pousse un coup de gueule : « Stigmatisées, montrées du doigt, victimisées ! 3 878 euros par mois, qu’est-ce que c’est, je vous le demande ! » Ses pensées vont à sa collègue Penelope (rires). Elle lance « Libérez Penelope ! Penelope tu es mon idole ! Vive Fillon, vive la République, vive la France ! » (casseroles, rires et applaudissements).

Marcher sur l’Assemblée nationale pour dénoncer la corruption

La personne suivante tient à revenir sur le sens des mots, notamment celui de « démocratie ».  On ne vit pas dans une vraie démocratie, on ne choisit pas les personnes pour lesquelles on vote : ce sont les médias (tenus par des milliardaires) et les partis politiques qui s’en chargent. Elle parle de l’Union européenne, de la Banque centrale et de l’OTAN, et appelle à ne pas laisser ces sujets au seul Front National. Cet orateur rejette la république présidentielle : « On n’a pas besoin d’une monarchie élective ». Il appelle à « virer » tous les politiques, qui n’ont pour lui aucune légitimité. L’intervenant suivant assure ne pas être un grand révolutionnaire, puis s’étonne du nombre de pancartes anti-Fillon : celui-ci n’est pas le seul concerné. Il critique le fait de discuter pendant des heures et des heures, « de s’enfermer ensemble sur une place de la République autour de laquelle les automobiles circulent ». Il appelle à manifester « clairement » et « durement notre volonté de mettre fin à la corruption » ; pour lui, l’assemblée pourrait demander à ses organisateurs de tenir une réunion ayant pour but d’organiser une marche sur l’Assemblée Nationale en semaine (applaudissements qui marquent une approbation quasi unanime). « C’est la République qui est en danger, et pas ses élus ! » Il demande de créer une page sur Facebook, indépendamment des rencontres syndicales et autres organisations, intitulée « Pour une marche sur l’Assemblée Nationale, contre la corruption ».

La guillotine des corrompus, place de la République, 19 février 2017.

C’est ensuite une femme qui prend la parole pour rappeler que deux jours plus tôt l’Assemblée Nationale a voté une loi visant à doubler le délai de poursuite des délits. Le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a en effet classé les délais financiers dans la même catégorie que les « Vols de mobylettes et de fromage » et que dorénavant ils ne pourront être poursuivis que pendant douze ans après avoir été commis (huées) et non plus après avoir été constatés. Il suffit donc de planquer son argent pendant douze ans, pour ensuite pouvoir en profiter en toute impunité. Cet amendement doit être retiré. Un élu de Puteaux (Hauts-de-Seine), qui est à l’origine d’une pétition ayant déjà recueilli plus de 400 000 signatures, « Penelope, remboursez-nous », remarque que les dirigeants ne répondent pas aux citoyens qui se mobilisent, mais condamnent le « tous pourris » car la corruption n’est pas une affaire de personnes mais d’organisation de la démocratie. Il propose une loi citoyenne de transparence : « À partir du moment où les élus reçoivent des crédits pour mener leurs combats, ils doivent justifier leurs dépenses et les publier en ligne. Ainsi, chaque citoyen pourra vérifier la manière dont son élu dépense les deniers publics ». Il appelle à aller à la rencontre des candidats et des militants pour leur demander de faire de la lutte contre la corruption un des thèmes de campagne de leur parti.

Nos droits contre leurs privilèges

Un intervenant présente le « référendum d’initiative partagée » (article 11 de la Constitution) : « Un référendum peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du parlement, soutenus par un dixième des électeurs. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi. Le président de la République la soumet au référendum ; lorsque le référendum est positif, le président promulgue la loi dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats de la consultation ». Il propose donc un référendum d’initiative partagée, avec pour but de récolter le soutien de 4,5 millions de personnes. Il existe un site RDP confiance pour soutenir et rejoindre cette initiative.
Quelqu’un propose une petite pause « sémantique » et invite à bannir des slogans, pancartes, etc., un certain nombre de termes : « Quand on traite les flics d’enculés, c’est pas les flics qui sont insultés. Traiter Marine Le Pen de pute, c’est pas sympa pour les travailleuses du sexe » (applaudissements). Le suivant intervient sur les privilèges : les députés voyagent gratuitement par le train, en première classe et… à vie ! Ils bénéficient de quarante allers-retours en avion gratuits par an. Ils ont de très bonnes retraites (« même Mélenchon »). Les sénateurs ne paient pas leurs lunettes. Il appelle à prendre exemple sur les Roumains. La modératrice annonce une nouvelle mobilisation dimanche 26 février à 15h : « Nos droits contre leurs privilèges ». L’intervenante suivante est de Nuit Debout Power LSF (Langue des Signes Française). Son objectif est l’inscription de la LSF dans la constitution de la VIème République, et elle demande le financement de l’accessibilité complète de la langue des signes en France afin de garantir l’égalité pour tou.te.s. La page Facebook est ici.

Un intervenant nous fait part de trois émotions : l’inquiétude (la République est en danger), la volonté de se réunir (pour traiter du sujet de la corruption), et l’espoir (tout est encore possible). L’affaire Fillon est pour lui une violation de la morale. Le peuple doit se mobiliser pour appeler les dirigeants à se montrer vertueux, par-delà la loi ; le peuple a aussi perdu de vue la vertu républicaine. Il demande des élites qui servent le public et non leurs intérêts privés. Il propose de « se retrouver tous les dimanches pour demander des mesures claires afin que justice soit faite et que la circulation des élites et leur renouvellement se fasse véritablement ». Un autre intervenant rappelle que le problème ne concerne pas des individus mais un système, une « règle du jeu ». La personne suivante s’interroge sur la capacité d’une représentation politique qui partage la même représentation sociale de défense de l’intérêt général. Cela lui semble impossible. Il propose la mise en place d’une « parité sociale » dans la VIème République : tirer au sort, parmi un panel de volontaires, des citoyens représentants, toutes les classes de salaire devant être représentées. Pendant leur mandat, ils ne seront pas rémunérés en tant qu’élus, mais continueront à percevoir leur salaire antérieur.
Un intervenant parle de l’indignation quotidienne, qui ne se voit pas hors de la place de la République ce dimanche. Il propose que chacun.e se confectionne un bout de tissu blanc et le porte au bras droit pour manifester son indignation et sa volonté de vivre dans la paix, l’harmonie et le respect des valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité. Un autre demande des « sanctions exemplaires » contre ceux qui sont condamnés par la justice. Il prend l’exemple de Christine Lagarde (sifflets, huées) et propose que tout élu condamné par la justice soit « inéligible à vie ». Lorsque des sommes sont détournées et cachées à l’étranger, elles doivent êtres remboursées au triple. Qu’il soit interdit aux élus d’engager des membres de leur famille. Une intervenante vient témoigner de l’impact de documentaires tels que Les nouveaux chiens de garde. La crise est systémique ; tout est à revoir. Elle cite l’exemple de l’Islande, où des banquiers ont été mis en prison pour des dizaines d’années. Il faut aussi exercer des pressions sur la justice : par exemple en se rendant devant le ministère et les palais de justice. Il faut inviter ses proches à aller se renseigner sur Les nouveaux chiens de garde, l’Islande, la loi économique Rothschild de 1973. Il faut construire un « décodex inversé » (allusion à celui développé par Le Monde) pour démonter les mensonges du pouvoir. Autre proposition : « Voter directement nos propres lois et non pas désigner des maîtres pour le faire à notre place ». On a les moyens technologiques.
La modératrice fait alors une annonce concernant le camion de la logistique des organisateurs de l’Assemblée (Nuit Debout Paris République), dont il faut réparer son embrayage. Les dons sont les bienvenus. Une cagnotte en ligne a également été lancée.

Construire une République des assemblées

L’orateur suivant accuse tout le système corrompu, « pourri par le fric, par l’argent de l’exploitation, par l’argent des travailleurs pauvres, exploités, de la majorité salariée du pays qui souffre ; et les autres en haut qui se gavent. Le pays est pourri par la tête, et c’est cette tête-là qu’il faut couper ! » Les Fillon et compagnie sont accusés de dégrader les conditions de travail de la majorité dans un environnement « pollué, vicié par leur industrie dégueulasse ». Les insultes et accusations pleuvent. Il continue : « Oui : c’est une révolution qu’il faut préparer ! C’est notre libération ! Nous ne sommes pas libres ! Nous sommes comme des esclaves ! […] Nous sommes un pays occupé par la mafia de l’argent ! ». Il propose d’élaborer et de « mettre en pratique » des objectifs de lutte qui auront été déterminés démocratiquement. « Des propositions, on en a tout un cahier. » Il en livre quelques-unes : inéligibilité de tous ceux qui ont trempé dans des affaires, révocabilité des élus, mandat impératif, fin de cette fausse démocratie représentative et son remplacement par une démocratie directe. Il considère pour sa part que seuls sont citoyens ceux qui prennent part aux décisions, et donc que seuls les députés et les actionnaires ont droit de cité dans ce pays ! « Nous voulons décider dans nos assemblées, comme aujourd’hui, et nous voulons multiplier ces assemblées, les coordonner, construire une république des assemblées, des conseils de travailleurs et d’habitants avec des élus mandatés et révocables ».

Manifestation contre la corruption à Lyon le 19 février 2017.

L’intervenante suivante annonce avoir révélé il y a 6 mois une fraude immobilière de 300 millions d’euros à laquelle sont mêlées le gouvernement, la SNCF et la Mairie de Paris. Une famille subit les conséquences de cette fraude aujourd’hui encore. Elle lance un appel à  l’aide. Ensuite, Camille, de la Coordination de Nuit Debout Paris République, propose de construire du solide, d’« aller jusqu’au bout », c’est-à-dire de réécrire les règles du jeu, former des assemblées constituantes sur toutes les places de France, constituer des jurys citoyens. Il donne des dates : 31-32-33 mars sur les places avec les Nuit Debout partout en France. Le 22 avril : premier tour social sur les places. Le 23 avril, Jour Debout. Il invite chacun à s’investir, participer, notamment en terme de logistique. Il donne une adresse pour contacter la coordination : acparisrepu@riseup.net. La modératrice ajoute une date : le 19 mars pour la grande marche pour la justice et la dignité (Nation à République).
Un anonyme qui a vécu dans la rue à Paris (il a un logement depuis deux ans seulement) témoigne des difficultés de certains marginaux et condamne les vendeurs de sommeil, la prison. Il conclut en disant que Nuit Debout lui a fait beaucoup de bien à un moment où il était au bord du suicide. « J’ai vu des vraies âmes, des vrais gens, des gens qui ont du cœur, que je ne connaissais pas ». L’intervenante suivante condamne les privilèges. Elle suggère de « relancer un grand mouvement déterminé, pacifique » qui marche vers l’Assemblée Nationale sans subir la répression policière et médiatique, avec à la clef une grande pétition : « Élections non merci ». « Exigeons de l’État qu’il mette au service des citoyens des États Généraux pour élaborer un nouveau système. »

Prendre exemple sur la Roumanie

Un collectif « du 23 avril » est actif depuis 2012 : il propose de tourner le dos au système politique. Il présente sa campagne artistique pour les prochaines élections. Il faut montrer aux politiques qu’on ne se sent plus représentés par eux. Il invite chacun.e à se prendre en photo de dos sur fond blanc, d’envoyer le résultat sur le site et de l’imprimer pour le coller sur les affiches électorales. Puis un « Anonymous-LVT14 » évoque l’affaire Théo : son collectif a soutenu la police durant un ou deux mois et depuis, une « structure » a été mise en place, visant à faire attaquer la police par les jeunes de banlieue. Il appelle à la raison, au calme et promet que bientôt, il sera temps de sortir en force pour renverser le système et envoyer en prison un grand nombre de politiques (Sarkozy, Valls, Fillon, Hollande, Lagarde, etc.) L’intervenant suivant déclare que la sécurité « n’est pas possible ». Il condamne la corruption de tous ceux qui détiennent un pouvoir et annonce que c’est fini. « Nous sommes en danger permanent ». Il prend l’exemple du nucléaire et appelle à sortir du système. Un autre parle de la « révolution » et condamne la « violence ». La résistance est partout, dans de nombreux pays. Il appelle aussi à prendre exemple sur la Roumanie et annonce l’Opération Crescendo contre la justice le 25 février à Trocadéro.

Manifestation contre la corruption le 19 février 2017.

Un ancien modérateur de Nuit Debout répond à une personne qui, plus tôt, avait critiqué la « masturbation publique » en vigueur sur la place : « La masturbation publique est une des plus vieilles manifestations de l’auto-organisation, inventée par Diogène il y a bien longtemps ». Pour manifester au quotidien contre les abus des élus, il faut adopter le drapeau roumain, le porter quotidiennement. Il propose de demander la démission de Jean-Jacques Urvoas, à l’origine des récentes lois d’impunité (financière et policière). Il propose de lancer une opération « de violence symbolique » : « un avion pour les Fillon ». Il propose donc de bannir Fillon : quête publique pour payer un billet d’avion pour les Fillon à destination de la Russie. L’intervenante suivante s’occupe du pointage de toutes les villes pour le lancement de la campagne contre la corruption : « On en est à quarante villes pour ce premier lancement ». Elle invite chacun.e à gagner en méthode et propose de diffuser des « modes d’emploi » pour monter des inventaires de la corruption département par département. Elle est en contact avec « un leader roumain » pour lancer une mobilisation européenne contre la corruption.

Marcher sur l’Assemblée nationale

Un jeune homme de 23 ans prend la parole pour la première fois. Il pose une question : sommes-nous étonnés de toutes ces affaires ? (Noooon !) Il critique le fait que la politique soit devenue un divertissement, conçu par ses professionnels élus – une oligarchie économique et politique. Il appelle à l’action et hurle, à la Macron : « Vive la France ! Vive la République ! » On rappelle ensuite l’action des lanceurs d’alerte et la mobilisation d’Anticor contre Chirac et de Sauvons les riches contre Dassault. Cette semaine, une plainte a été déposée par lui contre Christine Lagarde (qui a donné 2 milliards d’euros dans l’affaire Kerviel) mais aussi contre Eric Woerth ; il appelle à faire le ménage parmi les corrompus (en citant des noms) et à soutenir les candidats « exemplaires » en donnant l’exemple de François Ruffin. Il rappelle que les députés sont les employés du peuple : leurs dépenses doivent être faites sur justificatif et non au forfait. Mercredi 22 février, clôture de la session parlementaire : le bureau de l’AN se réunit et il n’y a rien à l’ordre du jour. Il faudrait donc se rassembler le 21 février au soir pour le fixer : transparence sur les indemnités, révocabilité des élus, transparence concernant les clients de ceux qui sont en situation de conflit d’intérêt.
L’intervenant suivant réclame des règles pour contrôler les pouvoirs mais précise qu’il ne faut pas faire confiance aux élus pour les écrire. Il critique le concept de VIème République et propose Première Démocratie, sous les applaudissements. « Écrivons nous-mêmes notre Constitution. Il faut utiliser l’outil du tirage au sort avec des procédures de débat, de contrôle, de transparence, de formation ». Il annonce une relance des ateliers constituants le 32 mars et une réunion publique le 25 février à la Bourse du Travail. Un autre intervenant appelle au rassemblement tous les dimanches. Un « simple citoyen » évoque la date du 4 août 1789, qu’il juge essentielle et pourtant passée sous silence par les élus et suggère une nouvelle nuit du 4 août. Le suivant parle de Fillon et de sa défense, qu’il réduit à néant. Il parle ensuite du Brésil, et de la dictature qui n’a pas disparu. Il défend les journalistes en rejetant le « tous pourris » et dénonce la manipulation de l’opinion publique sur internet par des groupuscules d’extrême-droite. Il appelle tout le monde à ne pas « liker » les pages des entreprises qui ne paient pas d’impôts en France (par exemple MacDonald’s). « Soyez des consommacteurs ! »

Manifestation contre la corruption à Marseille le 19 février 2017.

Une personne venue de Reims aborde la question étudiante. « Les 900 000 euros de Penelope, on les veut dans nos facs ! » Une autre appelle à la multiplication des rassemblements et des échanges. Puis un CRS annonce ne plus vouloir suivre les ordres de sa hiérarchie (il n’est plus sur le terrain). Le point commun, selon lui : « Nous voulons tous changer le système ». Il espère que les élections n’auront pas lieu. Il remercie Philippe Pascot, auteur de Pilleurs d’États, qui lui a ouvert les yeux. « Oui, j’ai été un électeur du Front National. Mais aujourd’hui, je compte bien lui faire barrage » (bravos). Il lit ses notes. « Nous détenons le record du monde du nombre d’élus » (source : Pilleurs d’États) et dit qu’il est prêt à donner sa vie pour la révolution. Une femme appelle de ses vœux une union entre les précaires, les banlieues et les classes moyennes. « Pas de justice, pas de paix ! » Elle souhaite prendre l’Assemblée Nationale pour la transformer en Assemblée Populaire. Le suivant appelle à une marche vers l’assemblée pour abolir les privilèges des élus.
Antoine, de la commission Jury Citoyen, présente les travaux sur la démocratie réalisés avec de nombreux collectifs, dont Nuit Debout Rennes, puis quelques-unes des mesures proposées quant au statut des élus, à la démocratie directe, à une nouvelle Constitution, au Sénat citoyen et aux médias. Une grande pétition sera lancée à l’occasion du 32Mars. Une femme salue les luttes menées depuis le printemps qui ont rendu possible ce rassemblement. Fillon est un cas particulier parce qu’il se présente à la présidence alors qu’il a volé de l’argent public. Elle demande son désistement ainsi qu’une nouvelle Constitution garantissant transparence, révocabilité et observatoire des élus. Elle annonce un premier tour social le 22 avril avec tous les travailleurs en lutte. Elle appelle à rejoindre les luttes en cours dans les quartiers populaires et à ne pas se taire devant ce qui est arrivé à Théo.

Continuer malgré les problèmes techniques

Un jeune homme qui se présente comme une « grande gueule » fait part de son plaisir de voir tant de monde. Pour lui, le moment de l’action est arrivé. Est-ce la puissance de sa voix ou la fatigue de la sono mise à l’épreuve par plus de deux heures de discours enflammés ? Toujours est-il que le tweeter (haut-parleur aigu) lâche. Il va falloir quelques minutes de mobilisation de la part de la logistique de Nuit Debout pour que la parole reprenne, avec l’aide de la petite sono de Debout Éducation Populaire, qui offre la possibilité d’enregistrer sur clé USB (à partir de 2h13 sur l’enregistrement final). Pour la réparation de la sono et l’achat d’un limiteur, une cagnotte en ligne est lancée. Cet intermède provoque une lente dispersion. Lorsque les interventions reprennent, il n’y a plus qu’un petit millier de personnes présentes. Il est 17h45, la nuit tombe.
La modératrice lance un appel à participation pour les prochaines assemblées. Un contact : acparisrepu@riseup.net. Une personne prend la parole pour évoquer, documents à l’appui, un cas précis de corruption : une arnaque concernant plus de 60 000 PME en France et à l’étranger, classée sans suite par la justice. Elle avance que les amendements de prescription récemment votés ont pour objectif de protéger les personnes impliquées dans ce scandale et invite l’assistance à regarder ses vidéos (Neggaoui Leila). Une autre personne intervient pour appeler à la légalisation du cannabis : les trafics alimentent la corruption des différents milieux politique, policier et économique. La légalisation, c’est la fin de la corruption, de la délation, des règlements de comptes, de la guerre sociale, de beaucoup de souffrances. Le 29 avril, une marche mondiale est, pour ce qui concerne la France, organisée à 14h à Bastille pour demander la liberté de s’amuser, se cultiver et se soigner librement.

Manifestation contre la corruption sur la place de la République le 19 février 2017.

Un autre intervenant condamne la tartuferie de Fillon qui accuse les jeunes alors que c’est lui le voleur. Il propose de fusionner le Sénat avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et d’y faire siéger des citoyens tirés au sort. Une autre personne demande qu’on évite de trop se fixer sur le seul Fillon et incite à l’indignation (en évoquant Stéphane Hessel). Ensuite, le fameux Philippe Pascot prend la parole pour rappeler qu’il est un ancien élu, et qu’il a travaillé avec Manuel Valls. Il remercie la mobilisation demandant que les candidats aient un casier judiciaire vierge pour pouvoir se présenter. Il y voit une victoire et une leçon : chacun peut faire bouger les choses, même depuis son ordinateur. Il rappelle ses propres révélations (trois livres) et dénonce la réélection d’élus coupables de violences contre les femmes ou d’actes de corruption. Il répète que « l’abstention fait le jeu des élus », signalant que certains sont élus avec seulement 10% des inscrits. Une jeune fille prend enfin la parole à propos de la police et de la manifestation du 18 février, pour dénoncer le viol de Théo et les autres crimes policiers. Pourquoi la justice est-elle si laxiste avec les politiques et les policiers ? Il faut s’attaquer à la justice. Elle appelle à faire barrage au FN par le vote. L’intervenant suivant propose à chacun de se présenter à l’élection présidentielle.

« Il ne faudra pas nous obliger à être violents »

Une femme salue l’assistance. « On restera debout jusqu’au bout ! » (acclamations, applaudissements). Elle parle de toutes les victimes de crimes policiers : « Tant qu’il n’y aura pas de justice, il n’y aura pas de paix ! » Elle témoigne de ses privilèges de retraitée soixante-huitarde et les compare à la discrimination que subit son fils, qui porte un prénom arabe. Elle évoque l’ouvrage de Pierre Clastres La société contre l’État à propos des Indiens d’Amérique : puisque le pouvoir corrompt, limitons-nous à des institutions locales. Elle le répète : « L’État c’est la guerre ». Elle cite Louise Michel à son retour de Nouvelle-Calédonie dans Aux citoyennes de Paris (1883) : « Il faut bien qu’il meure ce vieux monde, puisque nul n’y est plus en sûreté, puisque l’instinct de conservation de la race humaine s’éveille et que chacun, pris d’inquiétude, ne respirant plus dans la ruine pestilentielle, jette un regard désespéré vers l’horizon »; elle concluait : « Si l’amour de l’humanité est impuissant à faire sonner l’heure libératrice à l’horloge fraternitaire, le crime n’aura plus de place – l’indignation s’en chargera. La haine est pure comme l’acier, forte comme la hache. Et si l’amour est stérile, vive la haine. » L’intervenante achève ainsi : « Pour que l’amour gagne, d’accord ; mais faudra pas nous obliger à être violents. »

Manifestation contre la corruption à Marseille le 19 février 2017.

L’intervenante suivante aborde un sujet très difficile : l’abolition de l’héritage, afin que chacun débute dans la vie avec les mêmes moyens. Un jeune homme demande ensuite pourquoi une réunion comme Nuit Debout ne serait pas autorisée en banlieue. « La démocratie est au service des riches. C’est un truc de riches, c’est une illusion et des conneries. » Selon lui, à plus de 5 millions d’habitants, la démocratie n’est pas possible. Il propose la dictature du prolétariat, condamne la consommation de cannabis, recommande d’aller à l’Assemblée Nationale avec des armes, de faire comme en 1917 en Russie puis instaurer la dictature du prolétariat sur le modèle de l’URSS. De nombreuses personnes lui répondent, mais il n’en démord pas.
Un jeune homme de 16 ans condamne le fait qu’il ne peut pas voter : à cet âge on peut très bien s’engager en politique. Il demande aussi la reconnaissance du vote blanc et appelle à son tour à marcher sur l’Assemblée. Un autre revient sur la gratuité des transports pour les élus. Pourquoi pas nous ? Il demande que Fillon et les autres soient mis au RSA. Hollande ne représente rien, à peine 20%, voire moins. Il s’interroge sur le pacifisme des forces de l’ordre et rappelle que les policiers ont récemment obtenu le permis de tuer. « Le jour où on voudra changer les choses, il faudra bien prendre les armes ». La modératrice invite l’auditoire à rejoindre l’équipe d’organisation et de modération de l’assemblée.
L’intervenant suivant apporte un témoignage sur une grave affaire de corruption en bande organisée. Un grand groupe aurait démoli une série de startups qui inventaient des processus de production de combustibles renouvelables (biomasse). Ce groupe a agressé et menacé de mort les techniciens, détruit les laboratoires, volé les stocks pour ensuite tout faire liquider par un Tribunal de commerce. Il existe un dossier de 1 400 pages sur cette affaire. Il en appelle au président de la République « pour que justice soit faite, et non le tabassage des jeunes ». Une personne reprend la parole pour envisager les perspectives d’action et proposer un mot d’ordre : Fillon et tous ceux qui sont mouillés doivent dégager. Il préconise la révocation des élus, le mandat impératif, la remise en question de la Constitution. Il faut se fixer deux ou trois objectifs politiques et une date de mobilisation, de manifestation. Il propose le mercredi 8 février.

« Égalité ? Mon œil ! »

Le périscopeur de l’assemblée prend la parole pour rendre hommage à tous ceux qui se sont battus, qui ont été blessés, ceux qui sont morts. Il constate que la question du vote blanc, revenue dans de nombreuses interventions, est exigée avec force. Il existe une pétition qui a déjà recueilli plus de 218 000 signatures. « Il en manque encore quelques millions. » Ensuite, une petite fille de 9 ans et demi prend la parole pour remarquer qu’on n’est pas égaux avec les élus. « Égalité mon œil ! » Tous ces problèmes viennent du mensonge et de la bêtise. Les élus nous manipulent et nous, on fait n’importe quoi en retour (applaudissements).

Manifestation contre la corruption sur la place de la République le 19 février 2017.

La personne suivante précise que c’est la première fois qu’elle participe à un rassemblement et considère qu’il n’y a pas assez de monde sur la place cet après-midi. Pourquoi ? On est tous responsables de la mobilisation de notre entourage (amis, famille). Il y a un grand danger à laisser des individus comme Fillon être au pouvoir. Nous sommes responsables de l’état dans lequel se trouve le pays (corruption endémique). Les élus doivent nous rendre des comptes, et non l’inverse. L’un des orateurs nous remercie. Selon lui, l’Assemblée Nationale ne représente pas la population. Il appelle à prendre la rue et mettre en prison les élus jugés coupables. Un bluesman vient jouer un peu d’harmonica pour exprimer à la fois son ras-le-bol et son plaisir d’être là. Le suivant critique le vote blanc et l’indignation : « Ça va pas changer la face de la Terre ! » car Hitler a été élu au suffrage universel. Aujourd’hui Trump, demain Le Pen ? Il oppose la démocratie directe à la dictature de la bourgeoisie. Dans un système dirigé par des patrons et autres, la corruption est inévitable. Il faut instaurer la démocratie dans les entreprises et abolir l’exploitation des travailleurs. « Il faut couper le mal à  la racine ! »
Un des premiers Nuitdeboutistes raconte les occupations de 2015 et 2016 et appelle à la mobilisation de tous sur la place. Celui qui a parlé plus tôt des journalistes vient évoquer une vidéo de Fillon critiquant fin 2016 le fait que les journalistes passent sous silence les affaires et scandales politiques… La modératrice conclut en annonçant la prochaine publication d’un compte-rendu et en appelant à la construction d’un site qui accueillerait les propositions et les comptes-rendus d’assemblées. Elle nous redonne rendez-vous, dimanche prochain à 15h. En attendant on peut aller sur le site pour consulter les propositions recueillies et s’organiser en conséquence. L’assemblée prend fin. Il est 19h.
Pour revivre cette assemblée vous pouvez écouter cet enregistrement audio ou visionner ce Periscope.

Compte-rendu réalisé par un participant à l’Assemblée de Coordination de Nuit Debout Paris République.

Calendrier à venir

• Mardi 21 février : rassemblement le soir pour préparer collectivement l’ordre du jour du bureau de l’Assemblée Nationale du mercredi matin : transparence sur les indemnités, révocabilité des élus, transparence quant aux clients de ceux qui sont en situation de conflit d’intérêt.
• Samedi 25 février 13h : réunion pour discuter des propositions sur la démocratie à la Bourse du Travail.
• Dimanche 26 février à 15h : manifestation à République : « Nos droits contre leurs privilèges ».
• Mercredi 1er mars : marche vers l’Assemblée Nationale à 14h contre la corruption (à confirmer).
• Mercredi 8 mars : manifestation/marche/action contre la corruption (discussion lors de la prochaine assemblée).
• Dimanche 19 mars : grande marche pour la justice et la dignité, 14h à Nation.
• 31-32-33 mars : week-end national Nuit Debout et Fête de l’Engagement le 1er avril sur la place de la République.
• Samedi 29 avril : marche mondiale pour la légalisation du cannabis à 14h à Bastille.

Crédits photos:

  • Manifestation contre la corruption: Nuit Debout
  • Manifestation contre la corruption: Nuit Debout
  • Manifestation contre la corruption: Nuit Debout
  • Manifestation contre la corruption à Marseille le dimanche 19 février: Nuit Debout
  • Manifestation contre la corruption à Lyon le dimanche 19 février.: Nuit Debout
  • Manifestation contre la corruption le dimanche 19 février.: Nuit Debout
  • Manifestation contre la corruption à Marseille le dimanche 19 février.: Nuit Debout
  • Manifestation contre la corruption sur la place de la République le dimanche 19 février.: Nuit Debout
  • Manifestation contre la corruption à Marseille le dimanche 19 février.: Nuit Debout
  • Manifestation contre la corruption sur la place de la République le dimanche 19 février.: Nuit Debout
  • Manifestation contre la corruption: Nuit Debout

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